‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 189 sur 362 · II · texte numérisé non relu

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départis ces privilèges, au peuple la pauvreté. » En arrivant à Rennes, un nouveau sujet de réflexions s'offre à l'esprit d'Arthur Young. « Ce qu'il y a, dit-il S de plus curieux à Rennes maintenant, c'est, aux portes de la ville, un camp formé par deux régiments d'infanterie et deux de dragons, sous le commandement d'un maréchal de France, M. dé Stainville. Le mécontentement du peuple, qui avait amené ces précautions, venait de deux causes :1a cherté du pain et l'exil du parlement. La première est fort naturelle; mais ce que je ne peux entendre, c'est cet amour pour le parlement. Car tous ses membres sont nobles, comme ceux des états, et nulle part la distinction entre la noblesse et les roturiers n'est si tranchée, si insultante, si oppressive qu'en Bretagne. On m'assura, cependant, que la population avait été poussée par toutes sortes de manœuvres et même par des distributions d'argent. » Aux yeux d'Arthur Young, le danger, qui menace la province, viendrait plutôt d'un soulèvement du peuple contre les nobles, et s'il est vrai, comme on le lui affirme, que l'aristocratie a provoqué l'émeute par toutes sortes de manœuvres, il ne doute pas que bientôt elle ne porte la peine d'une faute si grave et ne voie l'émeute se retourner contre elle.

Déjà ce n'est plus elle qui attaque, elle est obligée de se défendre. Il importe de préciser dans quelles conditions et sur quel terrain. La seule annonce d'une prochaine réunion- des états avait remis sur le tapis cette malheureuse question des fouages, que Bertrand de Molleville avait fait ajourner lors de la session précédente. Laissons-lui raconter sous quelle forme elle reparut ^ « A cette époque, dit-il, la municipalité de Rennes prit un arrêté ^, par lequel elle interdit à ses députés aux états

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