‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 188 sur 362 · Annales françaises, p · texte numérisé non relu

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réunir le plus tard possible et, pour ainsi dire, à la dernière extrémité. Reste à savoir sur qui retombe la responsabilité de l'aigreur, qui, grâce à ce répit, ne cessa de s'accroître, et finit par rendre stériles toutes les tentatives de rapprochement.

De toutes les provinces de France, la Bretagne était celle où couvait sous la cendre l'incendie le plus redoutable. Il suffit, pour avoir l'idée de ce qui s'y passait, de consulter les notes de voyage d'Arthur Young. Parmi les nombreux témoignages qu'il recueille sur sa route, aucun ne l'autorise à penser que l'attitude du gouvernement encourage la fermentation, dont il rencontre partout les traces. Il garde un silence absolu sur la prétendue politique de Brienne et de Necker, excitant, dit-on, les pauvres contre les riches, la démocratie contre l'aristocratie. D'ailleurs, tant d'autres causes de dissensions violentes frappent ses regards, qu'elles le dispensent d'en chercher d'autres. D'un bout à l'autre de la province, il constate la misère des paysans, la stérilité des meilleures terres, la dépopulation des campagnes. Ces résultats attristants, il les attribue sans hésiter « aux exécrables maximes du despotisme », et surtout « aux préjugés non moins abominables d'une noblesse féodale » ^ Un jour, il se présente chez le comte de La Bourdonnaye, auquel il avait été recommandé par la duchesse d'Enville. « C'était, dit-il % la personne qui pouvait le mieux me renseigner sur la Bretagne, ayant été pendant vingt-cinq ans premier syndic de la noblesse... J'avouai à M. de La Bourdonnaye que sa province ne me semblait rien avoir que des privilèges et de la misère. Il sourit, me donna quelques explications importantes; mais jamais noble n'approfondira cette question, comme elle le devrait être; car c'est à lui que sont

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