‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 191 sur 362 · et 6 novembre · texte numérisé non relu

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modération. Sallier lui-même est obligé de lui reconnaître ce mérite. « On n'annonçait encore », dit-il S « dans ces commencements, ni fureur ni haine contre les deux premiers ordres. — On était loin, disait-on, de prétendre à partager toutes les prérogatives dont ils jouissaient. Toute société bien organisée admet des distinctions et des degrés parmi les individus qui la composent, c'est le besoin qui les demande, c'est la raison qui les exige, et, dans un pays comme la France, sans cette antique et respectable hiérarchie, tout ne sei'ait bientôt que désordre et confusion. — Sous ces paroles trompeuses, on recherchait des partisans et on cachait aux deux premiers ordres le sort qui leur était destiné. » Encore une imputation téméraire! Tout porte à croire qu'au début de la lutte, la modération des paroles répondait sincèrement à la modération des esprits. D'où vient seulement que cette lutte a si vite changé de caractère ?

Gomme d'habitude Sallier attribue ce triste résultat aux intrigues combinées du parti révolutionnaire et du gouvernement. « On avait répandu, suivant lui ^ dans toutes les villes de la Bretagne, les écrits et les libelles dont Paris était inondé. iMais, pour obtenir des succès plus assurés et plus durables, des émissaires parcouraient la province pour former des partis, instituer des chefs, établir des correspondances et organiser l'insurrection. Un homme de lettres, doué de beaucoup d'esprit et de talent, habitué à prêter sa plume au gouvernement, était parti de la capitale pour venir se placer à Rennes comme en sentinelle ^ (ainsi qu'il le disait luimême), et y fabriquer les libelles les plus dangereux qu'on eût vus jusqu'alors. C'étaient des discussions mé-

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