‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 192 sur 362 · Annales françaises, p. 271 et suiv · texte numérisé non relu

Annales françaises, p. 271 et suiv

3. Allusion au titre du Journal, publié par Volney, en novembre et décembre 1788, La sentinelle du Peuple.

thodiques et combinées, dans lesquelles les bases de la société étaient attaquées, pour ramener tout au droit naturel. Ces écrits paraissaient périodiquement. Dans les premiers numéros, on se contentait de parler de l'égalité des hommes. Ceux qui suivaient, quelques jours après, en venaient à la critique des distinctions de l'ordre social. Les esprits étant ainsi préparés, on les conduisait la semaine suivante à la haine de la noblesse, et à la haine la plus implacable. Enfin, on finissait par des personnalités, par désigner au peuple, comme ses plus dangereux ennemis, ceux qu'il s'était fait une habitude de regarder avec estime et confiance, ceux en qui il avait vu jusqu'alors les gardiens de la liberté et des droits de la province. » A ce récit de Sallier, à ces explications qu'il donne du mouvement des esprits en Bretagne, il est juste d'opposer une Relation, prétendue authentique \ publiée sous les auspices du tiers état, dans le but de justifier sa conduite. D'après ce nouveau document, la véritable cause des haines, qui ne tardèrent pas de poursuivre la noblesse, proviendrait de son imprudence et de ses provocations. Sur ce point la Relation ne se borne pas à des imputations vagues. Elle précise les faits, elle désigne nommément ceux qu'elle accuse d'en être les coupables. « A la première nouvelle des justes réclamations de la ville de Nantes, » y est il dit, « un gentilhomme, connu par l'ascendant qu'il a pris sur son ordre, le chevalier de Guer, parla de sabrer le tiers état, comme du temps de Philippe-le-Bel. Un magistrat, célèbre par ses préjugés et par son zèle, Loz deBeaucours, fougueux pour tout ce qui tient à la noblesse, s'oublia jusqu'à dire, à la chambre de lecture, à propos des demandes du tiers état : il faudra donc jouer du couteau, » On n'accuse pas seulement la noblesse d'avoir tenu des propos

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