L. de Lavergne, Assemblées provinciales, loco citato
encouragé, par leur jurisprudence, la réaction de 1781. Récemment encore, ils avaient tenté d'entraver, par leurs défenses, les délibérations des communautés *. Mais le gouvernement était encore plus discrédité que la magistrature. Personne ne comptait sur ses promesses. Personne ne se souciait de livrer à ses caprices les destinées de la France. Pascalis lui-même se prononça contre les édits, et son opinion entraîna celle de l'assemblée, qui prit dans ce sens une décision énergique, consignée au procès-verbal, en présence des commissaires royaux. Si ce n'était pas un témoignage d'affection sincère, accordée au parlement, c'était un véritable et sanglant échec, infligé à la politique du ministère. Quelques vers, que tout le monde répétait alors en Provence, donnent une juste idée du sentiment qui animait les populations. Adressés au gouverneur de la province, ils sont ainsi conçus ^ :
« Riquet, un petit mot d'avis.
Parlement, mistral et Durance, Sont les trois fléaux de Provence.
Parlement ne veut pas d'édils ; iMistral, au diable les emporte !
Et la Durance oflre son lit A l'imprudent qui les apporte. »
Le comte de Garaman ne tarda pas à s'émouvoir des manifestations unanimes qu'il voyait éclater partout. 11 prit sur lui de promettre à ses administrés une réparation prochaine. Mais ce qui était irréparable, c'était le germe de discorde que la maladresse du gouvernement avait laissé développer entre les ordres, sans le moindre profit pour lui-même. De toutes les parties du royaume,
1. Le parlement d'Aix, averli de ces délibérations, avait mandé les consuls d'Aix, et leur avait interdit de donner aucune suite aux résolutions qui y seraient prises. Ch. de Ribbe, p. 97.