II
tructions détaillées. Ils se contentèrent de libeller un mandat, ou des pouvoirs, qui devaient servir de règle à leurs futurs élus, sur quelques points d'une importance capitale. Mais, à ce moment, où rien de semblable ne s'était encore fait en France, l'œuvre, même ainsi réduite, soulevait encore de sérieuses difficultés.
Il s'agissait notamment de savoir à l'aide de quels moyens les députés du Dauphiné, réunissant leurs efforts avec ceux de leurs collègues, qui partageaient leurs doctrines, parviendraient à faire triompher, dans le sein des prochains États généraux, les principes de la double représentation, de la délibération commune, et du vote par tête. Par conséquent, il ne suffisait plus de poser des maximes théoriques. Le moment était venu d'en assurer la réalisation. C'est encore à Mounier qu'on s'adressa pour tracer le programme à suivre. Une commission fut nommée pour se concerter avec lui, et, le 30 décembre, il lui soumit le projet de rédaction suivante * : « L'assemblée donne à ses élus le mandat spécial d'employer tous leurs efforts, pour obtenir que les députés du tiers état soient en nombre égal à ceux du premier et du second ordre réunis * ; que les délibérations soient constamment prises par les trois ordres réunis, et que les suffrages soient comptés par tête, sans qu'ils puissent voter sur aucune proposition^ avant que ces formes aient été définitivement arrêtées. Et, dans le cas seulement^ où les États généraux seront composés de membres librement élus, les députés du tiers état en nombre égal à ceux du premier et du second ordre, les délibérations prises par ordres réunis, et les suffrages comptés par tête, l'assemblée donne pouvoir et mandat