Arch. pari., t. VI, p
et quelques-uns vont jusqu'à émettre le vœu qu'une fois la constitution votée, une fois les lois principales et d'une évidente urgence sanctionnées, on s'en rapporte à la sagesse des assemblées subséquentes. Le système de Sieyès réunit sur ce point de nombreuses adhésions.
C'est donc l'établissement d'une constitution, que les cahiers recommandent ou, plutôt, imposent en première ligne au zèle des représentants du pays. On a souvent prétendu qu'en 1789, les réformes économiques et sociales tendaient à prendre le pas sur les réformes d'ordre purement politique, et que la génération de cette grande époque aurait volontiers renoncé à ces dernières, si l'on avait eu le bon sens de lui concéder les autres. La juger ainsi, c'est la mal connaître. Sans doute les classes inférieures semblent plus acharnées à la poursuite de réformes sociales, dont elles éprouvent Tindispensable besoin, qu'à celle de réformes politiques, dont elles comprennent moins bien la portée. Les classes instruites, au contraire, s'accordent toutes à* proclamer la nécessité d'institutions libérales. Elles sont même convaincues qu'un large système de garanties politiques constituait le seul moyen de rendre solide et durable la réforme des abus quels qu'ils fussent. Sous ce rapport, la lecture des cahiers ne saurait laisser aucun doute. Prenons au hasard ceux de la noblesse, nous y rencontrons à chaque pas la preuve qu'alors l'aristocratie française avait rompu franchement avec la tradition de la monarchie absolue.
La noblesse de Blois commence par s'exprimer ainsi * : « Des plaies profondes et invétérées ne peuvent être guéries tout à coup, la destruction des abus ne peut être Touvrage d'un jour. Eh! que servirait