Arch. pari., t. HI, p
que les maux actuels ». Même langage ou à peu près dans les cahiers de la noblesse de Poitou \ dans ceux de la noblesse de Ponthieu ^ Ceux de la noblesse de Provins ^ se distinguent par leur fermeté. « La nation, disent-ils, ne veut plus être soumise au pouvoir arbitraire; elle veut avoir des lois aussi inviolables pour son souverain que pour elle-même; elle veut une forme de gouvernement permanente. Elle veut que le roi soit revêtu d'un grand pouvoir, mais elle veut que ce pouvoir trouve dans la loi des bornes qu'un prince, moins vertueux que Louis XVI, ne puisse jamais franchir. Voilà ce que la France attend des États généraux. Les députés, à qui elle confie de si grands intérêts, se rendraient coupables, s'ils perdaient de vue un seul instant la tâche honorable dont ils sont chargés. Aucun objet étranger ne doit les occuper avant que celui-là ne soit rempli dans toute son étendue. » Si d'autres cahiers sont moins explicites ou contiennent moins de développements, en tous cas, je n'en sache pas un seul, qui contredise l'ensemble de ces doctrines et qui détonne dans le concert général.
Proclamer en termes si positifs la nécessité d'une constitution, ce n'est pas seulement charger les députés de solliciter humblement du roi l'octroi d'une charte, préparée par lui ou par ses ministres. Il y a quelques mois, on se serait peut-être contenté de cette solution transactionnelle. Mais aujourd'hui que les États généraux sont convoqués, et sur le point de se réunir, la France entend régler ses affaires elle-même, par l'entremise de ses mandataires librement élus. Ici encore pour juger de ses intentions, il faut s'en référer aux cahiers de la noblesse. Quant à nous, pour échapper au reproche de