II
les avoir triés au gré de nos préférences, nous allons parcourir le tome VI de la collection. Tout à Theure nous cherchions nos extraits dans les cahiers groupés sous la lettre A; cette fois nous allons les prendre dans les cahiers compris sous les dernières lettres, de T à V. Qu'y a-t-il de plus significatif que celui de la noblesse de Toulouse *? « Il est expressément enjoint à nos députés, » disent les gentilshommes de cette sénéchaussée, « de s'abstenir de toute délibération sur les objets bursaux jusqu'à ce qu'il ait été pourvu, suivant la sagesse des États généraux, au rétablissement de la constitution française et au maintien de la sûreté individuelle et de la propriété, qui doivent reposer inviolablement sur cette base sacrée. » C'est donc bien de la sagesse des États généraux et non du bon plaisir de l'autorité royale que la noblesse de Toulouse attend la charte, objet de ses vœux les plus ardents. Elle ne se contente pas de conférer à ses mandataires le pouvoir constitutif. Elle est de celles qui leur recommandent d'en user sans délai, sans se laisser détourner par les préoccupations secondaires. A ses yeux, l'assemblée représentative de 1789 doit être principalement une assemblée constituante. Si elle réussit à remplir avec succès cette partie de sa mission, le reste viendra par surcroît. De là, les instructions suivantes : « Nos députés représenteront à l'assemblée nationale que ce serait un grand malheur, si les réformes et les améliorations particulières, qui ne manqueront pas d'être proposées de toutes parts, et dont il est vrai que toutes les branches de l'administration paraissent susceptibles, détournaient ou affaiblissaient l'attention, que réclament à un si haut degré les objets de première importance qui doivent l'occuper; que le zèle immo-