‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 24 sur 362 · LES REMONTRANCES DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

LES REMONTRANCES DU CLERGÉ

ceptible d'objections sérieuses que les commissaires attendirent pendant trois heures une réponse dont ils ne doutaient pas. Grande fut leur surprise quand on vint leur signifier que la délibération était continuée au lendemain. Malgré les efforts de l'archevêque de Narbonne, qui présidait l'assemblée, une foule de membres témoignaient contre le gouvernement des dispositions hostiles. A leur tête se distinguait Thémines, évêque de Blois, dont « l'ingénieuse, mais sombre et mordante censure * » entraîna la majorité à prendre un parti plus fâcheux encore pour le ministère qu'un refus immédiat. « Il fut arrêté qu'avant de statuer sur aucun don, le clergé, comme premier ordre de l'État, adresserait au roi des représentations sur la cour plénière et sur la situation actuelle des affaires. Quinze commissaires, dont trois archevêques (Reims, Aix et Arles), quatre évêques (Langres, Béziers, Auxerre et Saint-Malo) et huit membres du second ordre furent nommés pour assister, dans la rédaction de ses remontrances, le prélat qui les avait proposées. » La commission accomplit laborieusement sa tache. Elle lut, relut, modifia les projets, qui lui furent soumis par l'évêque de Blois, et le 15 juin, le roi reçut, de son fidèle clergé, non pas seulement un, mais deux actes de remontrances, qui sollicitent à divers titres l'attention de l'histoire.

Le premier ^ est relatif « au grand mouvement dans les choses et les personnes », que le roi vient d'opérer par les nouveaux édits. Oubliant l'objet spécial sur lequel il est appelé à statuer, le clergé de France fait irruption dans le domaine de la politique, et la manière dont il essaye de justifier cette démarche anormale %

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