Mémoires de Weber, p
2. Voyez Archives parlementaires^ t. I, p. 373 et suiv. C'est là que, sauf indication contraire, nous avons emprunté toutes les citations qui vont suivre.
3. « Le clergé, dit avec raison l'auteur des Mémoires de Weber, n'avait
annonce déjà quels sentiments la lui inspirent. « Lorsque le premier ordre de l'État, dit-il, se trouve le seul qui puisse élever la voix, que le cri public le sollicite de porter les vœux de tous les autres au pied de votre trône, que l'intérêt national et son zèle pour votre service le commandent, il n'est plus glorieux de parler, il est honteux de se taire. Notre silence serait un de ces crimes, dont la nation et la postérité ne voudraient jamais nous absoudre. » Après cette phrase sonore, le clergé, usurpant un rôle qui ne lui a jamais appartenu, se pose en défenseur de la nation, en censeur du gouvernement, en moniteur du roi lui-même *. Non content de dénoncer l'existence du mal, il s'arroge le droit d'indiquer le remède. Suivant lui, il n'en reste plus qu'un : la convocation des États généraux. « Que ces assemblées, ajoute-t-il, seraient surtout utiles si elles pouvaient être rapprochées et périodiques! » Ce qu'il veut, ce qu'il réclame, ce n'est pas l'établissement d'un régime bâtard, où la nation ne serait assemblée que lorsque l'on aurait besoin d'elle, « pour lui annoncer de grands maux et lui demander de grands sacrifices, » c'est un régime franchement constitutionnel, qui garantisse à la nation le droit et la faculté d'exercer, sur la gestion de ses affaires, un contrôle permanent. « La restauration de l'ordre et de la paix rend ce bienfait nécessaire : plus il sera prompt, plus il sera utile; plus tôt vous serez -proclamé l'ami du genre humain, le bienfaiteur des générations futures, plus tôt vous recevrez le dévouement entier de votre peuple. »
jamais été un ordre politique, isolément des deux autres ordres du royaume. Quand les trois étaient rassemblés en États généraux, il était le premier, et il n'y avait point de question civile qui ne fût alors de sa compétence. Mais, hors des Etats généraux, le clergé n'avait jamais été assemblé que sur des objets ou de religion, ou d'administration ecclésiastique, ou de dons gratuits pour les besoins de l'Etat. » Mémoires de Weber, p. 143.