‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 240 sur 362 · Mémoires, t. I, p. 250 (2c édition · texte numérisé non relu

Mémoires, t. I, p. 250 (2c édition

EFFET SUR l'aUTORITÉ ROYALE 443

remède, parce que les assemblées primaires avaient eu la modération et la sagesse de n'user qu'avec discrétion de ce pouvoir constituant, que leur abandonnait la royauté. « 11 n'est pas vrai, dit-il \ que nous ayons été envoyés pour constituer la royauté ou toute autre forme de gouvernement, mais bien pour régler l'existence des pouvoirs conformément à nos instructions. » Hélas! en rédigeant ses Mémoires, Malouet vieilli oublie que jadis, en dressant les cahiers de Riom, il a mis dans la bouche des électeurs ces paroles, adressées par eux aux députés de leur choix ^ : « Posez les bases, élevez les colonnes du plus beau monument qui puisse sortir de la main des hommes : car telle est une constitution nationale, qui détermine les droits de tous et les lois qui les maintiennent. » Les droits de tous; assurément ces mots comprennent ceux du chef de l'État. Donc, à cette époque, Malouet commettait la même erreur que ses concitoyens. D'après lui, les représentants à élire devaient recevoir le mandat de voter une constitution nationale, déterminant les droits et fixant les limites de la royauté. Qu'importent des regrets tardifs? La France entière s'est laissé entraîner par le même courant. Partout les électeurs, les plus éclairés et les plus sages, ont profité de « l'état passif et incertain du monarque », pour conférer aux Etats généraux de 1789 la plénitude du pouvoir constituant. On peut ajouter qu'en agissant ainsi, ils n'ont manqué de respect à aucun des pouvoirs établis : le seul, qui pouvait mettre un frein à leur témérité, semblait les encourager par son assentiment tacite, sinon par son approbation formelle.

Le fait est que ni les uns ni les autres n'ont mûrement réfléchi aux conséquences du système adopté par

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