Eodem, t. III, p
rédigé de ceux de bailliage, celui de Nemours, l'œuvre de Dupont. Il débute par des Remontrances, dont le premier chapitre est consacré à établir que les Privilèges, relatifs aux impositions et nommémment d la taille ', n'ont plus de raison d'être et ne constituent, dans l'état actuel des choses, qu'une révoltante injustice. « Les privilèges de la noblesse, relatifs aux impositions, n'étaient anciennement que celui de ne pas payer deux fois pour le même service public. La noblesse était alors chargée, à raison de ses fiefs, de faire la guerre en personne et à ses frais... C'était pour elle une très pesante charge. Il était juste qu'elle ne contribuât pas en argent, pour les autres dépenses de la société, lorsqu'elle avait à supporter seule la plus importante et la plus lourde contribution sociale, celle qu'exigent la défense du territoire de l'État et la sûreté publique. Mais depuis qu'on a cessé d'obliger la noblesse à servir dans l'armée..., depuis qu'elle est maîtresse d'entrer dans la magistrature ou de cultiver en paix les champs paternels ; depuis qu'elle est payée par le peuple, beaucoup mieux que le peuple et avec beaucoup plus d'espoir d'illustration, lorsqu'elle embrasse l'état militaire, le titre de ses exemptions en matière d'impôt est totalement détruit... » Après d'autres développements sur le même point, Dupont de Nemours ne croit pas inutile de répondre à une objection, qu'on retrouve encore aujourd'hui sous la plume de quelques écrivains de nos jours, et qui tend à restreindre la portée des exceptions pécuniaires attribuées aux ordres supérieurs. « Cette injustice », observe Dupont de Nemours, « était beaucoup plus étendue qu'on ne le croyait à la cour, à Paris, et même dans la plupart des grandes villes. Il était commun d'entendre dire que le privilège de la noblesse, relativement à la taille, n'était pas très