‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 272 sur 362 · L ÉGALITÉ DEVANT L IMPOT · texte numérisé non relu

L ÉGALITÉ DEVANT L IMPOT

servir l'État, en donnant l'exemple d'une vie simple et laborieuse, et en honorant par ses occupations les travaux de l'agriculture. » Rajeuni sous cette forme, « le couplet du mendiant » tenta encore quelques assemblées de bailliage. On voit la noblesse de Glermont-Ferrand * requérir « le consentement des États généraux à ce que le gentilhomme cultivateur, faisant valoir à sa main, conserve franc de toute imposition une étendue de terrain d'un rapport équivalent de la valeur de 50 septiers de blé froment, mesure de Paris. » De son côté, la noblesse de Limousin % qui ne renonce que provisoirement à ses privilèges pécuniaires, « jusqu'à la seconde tenue des États généraux », a soin d'ajouter qu'elle excepte de l'obligation de concourir au paiement des impôts, durant cette courte période, « ceux des gentilshommes dont la fortune n'excéderait pas la somme de 1 200 livres de revenu. » On peut juger par ces citations, qu'il serait facile de multiplier, s'il est exact de dire, qu'avant l'ouverture des États généraux, la question d'égalité en matière de contributions fut franchement et irrévocablement tranchée. Il est permis, au contraire, de penser que la révolution fut indispensable, pour contraindre les ordres supérieurs à reconnaître leur devoir et à s'y conformer, sans quoi, dès la première occasion, sous le premier prétexte venu, ils n'auraient certainement pas manqué de s'y soustraire comme par le passé.

En face d'une attitude si peu rassurante, le tiers état se serait bien gardé de désarmer. Ses cahiers montrent qu'il se prépare à la lutte, comme s'il n'y eût pas eu de renonciation du tout, ou comme s'il ne pouvait nullement compter sur celles dont on faisait tant de bruit. Ce n'est pas seulement dans les cahiers de village que perce ce sentiment de défiance ; ouvrez le mieux

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