Arch. pari, t. III, p
dire... Tout est abusif dans l'exercice des droits seigneuriaux... Sans pousser plus loin ce développement, qui sera suppléé par les députés aux États généraux, auxquels ils dénonceront Tabus des cens, des taxes, des redevances, des corvées, l'abus plus criant encore de ces devoirs personnels, inconciliables avec la dignité de rhomme, auxquels le peuple et ses représentants sont assujettis dans les fiefs; c'est en avoir assez dit que d'avoir fait connaître la plaie mortelle, que les droits seigneuriaux font au droit naturel et à l'intérêt de l'État, pour espérer que Sa Majesté et les États généraux rétabliront rhomme dans ses droits primitifs, sacrés, et véritablement imprescriptibles, en frappant tous ces droits, qui l'avilissent, d'une abolition absolue... » Ce sont ici des électeurs du second degré, par conséquent des bourgeois, qui parlent. Leur reprochera-t-on de ne pas montrer assez d'énergie?
Parfois même, le langage employé par les cahiers de bailliage, ces cahiers qu'on accuse d'une modération suspecte, affecte une violence inquiétante. Celui de Forcalquier * ne craint pas de dire expressément : « Le régime féodal n'a produit que des esclaves. Les branches de l'arbre ont été abattues, mais le tronc subsiste encore; il faut employer la cognée et la hache pour les renverser entièrement. » Dans cette voie révolutionnaire, nous pourrions encore puiser plusieurs exemples à la même source. Terminons par une seule et dernière citation, empruntée au cahier de Toul % parce qu'à côté d'une menace contre les seigneurs, il place un conseil ou un reproche à l'adresse du roi. « On a lieu d'espérer, dit-il, que l'on ne trouvera nulle difficulté à faciliter aux cultivateurs le moyen de racheter ou convertir en argent ces prestations, ces droits seigneuriaux excessifs, dont
i. Arch. pari., t. HI, p. 332.