‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 313 sur 362 · II · texte numérisé non relu

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narque, par le noble désir de concourir autant qu'il est en nous à la pacification du royaume. »

Pendant que Mirabeau, le tribun, tenait à la Provence attentive un langage empreint de sentiments si louables, l'aristocratie bretonne donnait, une fois de plus, l'exemple d'une révolte ouverte contre l'autorité légitime du souverain. Elle ne se contenta pas de s'abstenir et de protester : elle eut soin de donner à sa conduite le plus d'éclat et de retentissement possibles. Conformément aux dispositions du règlement particulier, le comte de Thiard, gouverneur de la province, l'avait convoquée pour le 17 avril à Saint-Brieuc ; elle s'empressa de s'y rendre. A elle seule, la noblesse comptait plus de neuf cents membres, réunis sous la présidence du comte de Boisgelin. Le haut clergé, présidé par M. de Girac, évêque de Rennes, ne montra pas moins d'exactitude. Au surplus, les deux ordres, bien que divisés officiellement en deux chambres distinctes, agissaient de concert. Le même esprit les animait, et leurs délibérations , . prises isolément pour la forme, n'étaient au fond que le produit d'un accord unanime. La première mesure qu'ils adoptèrent, fut d'envoyer « une députation à M. Thiard pour réclamer contre la forme insolite de leur convocation et pour demander que, conformément aux lois de la province, le troisième ordre fût appelé à siéger avec les deux premiers. En même temps, l'ordre de la noblesse déclarait qu'il consentait à une représentation plus étendue des ordres de V église et du tiers, et aussi à une égale répartition des impôts, qui seraient consentis par les États légalement réunis. Le parlement s'empressa d'enregistrer cette double déclaration, en insistant de nouveau sur l'inviolabilité des lois qui unissaient la Bretagne à la monarchie française. Mais, M. de Thiard ne fit aucune réponse, et les deux ordres du clergé et de la noblesse, se voyant

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