‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 312 sur 362 · Eodem, p · texte numérisé non relu

Eodem, p

2. Collection complète des travaux de Mirabeau Vaîné^ 1. 1, p. 127 et suiv.

DIFFICULTÉS d'aPPLICATION 561

comme un attentat, comme incendiaires, comme le renversement de notre constitution! Ils sont reconnus par le monarque, adoptés dans ses bontés, émanés de sa justice... Nos réclamations, portées au pied du trône, reviennent à nous avec le caractère de loi. »

Mirabeau se montre moins satisfait du règlement que du préambule. Peut-être aurait-il préféré qu'une assemblée générale des trois ordres, réunis et confondus, dans de justes proportions, eût été chargée, comme l'Assemblée de Romans, du soin de choisir les députés de la Provence. Il signale encore, dans la décision royale, quelques détails susceptibles de critique, et qu'il espère voir corrigés un jour. Puis, il observe que le roi luimême ne se flatte pas d'avoir atteint, dès la première épreuve, une perfection absolue, et réserve aux Provençaux le droit de réclamer une représentation mieux combinée, pour les États généraux qui suivront ceux de 1789. Mirabeau reconnaît la prudence et la sagesse de cette conduite. En dernière analyse, il conseille l'obéissance, parce que le roi use d'un droit incontestable, celui de « législateur provisoire de la nation. — Et certes, ajoute-t-il, ce droit, contesté par une portion des deux ordres privilégiés, doit nous être bien précieux, puisque nous lui devons l'égalité de représentation accordée au troisième ordre; et que, sans cette égalité, la tenue même des États généraux ne serait qu'un objet d'effroi pour les bons citoyens, loin d'être le but commun de leurs espérances. » Mirabeau conseille encore d'obéir parce que les avantages du système ministériel sont de beaucoup supérieurs à ses inconvénients; parce qu'il importe d'enlever le moindre prétexte à ceux dont « le vœu secret... est d'éluder les États généraux »; parce que le temps presse, parce que tout délai serait funeste. « Obéissons enfin, s'écrie-t-il, par respect pour la loi, par reconnaissance pour les intentions du mo-

Page 1