Lavergne, Ass. prov., p. 427-42S
S64 LA CHUTE DE L'aNCIEN RÉGIME
Tout le monde reconnaît qu'en général les élections de 1789 s'accomplirent au milieu d'un calme relatif, qu'il n'était guère permis d'attendre d'une telle cohue d'électeurs, appelés pour la première fois à l'exercice de leurs droits politiques, et surexcités depuis longtemps par un concours de circonstances extraordinaires. Sous ce rapport, les débuts du suffrage universel furent d'un heureux augure. Il est vrai que les contemporains, et surtout ceux qui ne déguisent pas leurs sympathies pour l'ancien régime, se plaignent de brigues et d'intrigues auxquelles, suivant eux, aucun des trois ordres n'aurait échappé. Mais presque jamais ils ne précisent leurs imputations, et si, d'aventure, ils se risquent à sortir des généralités, les faits qu'ils invoquent se trouvent le plus souvent démentis par des preuves irrécusables. En tous cas, on ne saurait en citer un seul, qui soit assez grave pour fixer l'attention de l'histoire, et lui inspirer la moindre défiance sur la signification ou la portée du vote.
On peut apprécier la valeur des critiques, que provoquèrent alors les assemblées électorales, d'après celles que Sallier leur adresse '. « Pendant ces assemblées », dit-il, « les intrigues redoublaient pour le choix des députés. Dans l'ordre du clergé, les curés de campagne, maîtres du suffrage par leur nombre, portaient souvent le désordre et la confusion dans les Assemblées, et choisissant parmi eux les députés, donnaient des auxiliaires au tiers état. » Le fait est que les élections du clergé se distinguent par un trait caractéristique : le nombre considérable de simples curés sur lesquels se