‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 328 sur 362 · Eodem, p · texte numérisé non relu

Eodem, p

de passer outre. A plusieurs reprises, Saint-Simon revient sur cette impuissance des anciens États généraux, cause principale de leur inutilité, et chaque fois il aboutit à la même conclusion : « Ainsi le leurre est entier, tout y est vide *. » Néanmoins, Saint-Simon est forcé de reconnaître que depuis 1614 un singulier phénomène s'est produit dans les esprits. Ces États, dont personne n'avait regretté la suppression arbitraire, ont fmi par devenir l'objet de toutes les espérances. Non seulement la multitude ignorante s'illusionne sur l'étendue de leurs pouvoirs; elle « nagera dans la joie », le jour où il plairait au roi de les rétablir, et bénira ce prince libéral « comme le restaurateur des droits anéantis de la nation ». C'est ce mouvement de l'opinion publique qui effraye Saint-Simon * et, longtemps avant 1789, le conduit à imaginer une longue série de précautions qu'il déclare indispensables, pour le cas où un gouvernement quelconque se déciderait à convoquer de nouveau les anciens États généraux.

La première à prendre, suivant lui, était d'être bien fixé sur l'objet et le but de la convocation, de décider au juste ce que l'on prétendait en obtenir, au prix de quels sacrifices on consentait à payer le résultat, en un mot, d'avoir un plan arrêté d'avance, avec la ferme volonté de le suivre jusqu'au bout. « Avant de mettre une affaire sur le tapis », disait à ce propos Saint-Simon % « il fau-

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