‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 327 sur 362 · MÉCANIQUE A OBSERVER S · texte numérisé non relu

MÉCANIQUE A OBSERVER S

qui n'a jamais passé pour un profond politique, avait trouvé, dans son simple bon sens, un aperçu des règles que la prudence la plus vulgaire lui semblait imposer aux hommes d'État. C'était pendant les dernières années du règne de Louis XIV. Saint-Simon pressait alors le duc d'Orléans d'inaugurer sa future régence par la convocation immédiate des États généraux. Mais il ne cherchait pas à dissimuler les dangers qu'entraînait un conseil si hardi. Loin de là, il prenait soin d'énumérer^ avec de longs détails, les précautions à prendre, « la n>écanique à observer ^ », si l'on voulait tirer de la mesure proposée un parti avantageux.

Pourtant, il avait ^été nourri dans les traditions de notre ancien droit public, et les États généraux étaient restés, à ses yeux, ce qu'ils avaient été jusqu'aux derniers jours de leur existence, jusqu'en 1614. « La multitude ignorante, » dit-il dans ses Mémoires, « croit les États généraux revêtus d'un grand pouvoir. Le moindre nombre... est instruit que les États généraux sont sans aucun pouvoir par leur nature, et que ce n'est que les députés de leurs commettants pour exposer leurs griefs, leurs plaintes, la justice et les grâces qu'ils demandent, en un mot de simples plaignants et suppliants... ^ » Lorsque les rois daignaient les convoquer, ils n'avaient d'autre but que de les consulter « sur la matière des finances », et surtout de « se décharger sur eux du choix des remèdes, qui ne pouvaient être que cruels et odieux ». En dehors de l'ingrate mission, à laquelle ils étaient réduits, ils ne rendaient « ni loi, ni ordonnance, ni simple confirmation même ». Ils engageaient moralement la nation, et jamais le roi, qui restait libre de suivre leur avis ou

1. C'est la rubrique que Saint-Simon lui-même a choisie pour placer, dans ses Mémoires, en tête du passage qu'il consacre à cet incident de sa vie. (Voyez, édition Cheruel, in-18, tome VII, pages 427 et suivantes.)

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