MÉCANIQUE A OBSERVER
drait être bien d'accord avec soi-même, pour savoir précisément quelle issue on lui désire d'une manière définitive. » Il faudrait même que le gouvernement prît soin de tenir ses propositions « toutes prêtes * », sauf à les présenter avec une discrétion calculée. Il faudrait, en toutes choses, « ne rien laisser au différent génie de tant de gens, qui ne s'accorderaient qu'en des longueurs très périlleuses, mais en forme de canevas, pour ménager leur vanité, et s'avantager de leur paresse et des jalousies, en leur proposant ce canevas, à mettre en forme à leur gré, ce qu'ils retoucheraient sans peine et en peu de temps, assez pour compter qu'entre leurs mains il est devenu leur ouvrage, ce qu'il est très important qu'ils se persuadent bien. » Pour être plus sûr de leur docilité, on ne doit négliger aucun des moyens, ni même, au besoin, reculer devant aucune des manœuvres permises en pareil cas. « Il y a toujours, dans ces nombreuses assemblées, des chefs effectifs à divers étages, qui, sans avoir le nom, ni le caractère, en ont la confiance par l'autorité et l'estime, par une mode que le hasard établit, et que la conduite soutient jusqu'à les rendre presque maîtres de tourner les esprits et les délibérations où ils veulent. C'est ceux-là qu'il faut de bonne heure reconnaître et persuader. » Ainsi, pas à pas, lentement, longuement, Saint-Simon se complaît à mettre sous les yeux du Régent, comme la condition nécessaire au succès des conseils qu'il lui donne, « une suite de mécanique, qu'il faut, en tous projets, se rendre à soimême claire et faisable, par un mûr examen des obstacles et des difficultés d'une part, et de l'autre des moyens de réussir * ».
Toutes les assemblées délibérantes, sans exception, exigent du gouvernement, qui les convoque, les mêmes