‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 331 sur 362 · II · texte numérisé non relu

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mesures de prudence; mais Saint-Simon croit ces mesures plus indispensables que jamais, en face d'États généraux réunis tout à coup après une suspension assez longue. Evidemment, les membres, qui doivent les composer, n'y apporteront aucune expérience des affaires publiques. Est-il permis de leur en faire un reproche? Plus juste à leur égard que quelques-uns des écrivains actuels, Saint-Simon qui, d'avance, signale l'existence du fait, en explique les véritables causes. Ses paroles méritent d'être citées textuellement. « Tel est, dit-il \ le malheur, non la faute de la nation gouvernée depuis tant d'années sans avoir presque le temps, ni la liberté de penser... C'est un malheur qu'on ne peut jamais assez déplorer, et qui ne peut être assez fréquemment et assez fortement inculqué au roi, que d'avoir rendu inutiles tant d'excellents esprits, qui font maintenant un si grand besoin, pour les avoir continuellement gouvernés sans aucune liberté d'application, et d'avoir commis cette faute dans une nation, unique peut-être dans le monde, en théorie et en pratique, par sa fidélité, son obéissance, son attachement, son amour pour sa patrie et pour ses rois. Mais le mal est fait par une longue suite d'années, écoulées sur le même ton... Il s'agit présentement... de se servir de ce que la nation peut offrir, et non de ce qu'on a ci-devant comme éteint en elle. » Raison déplus, pour qu'une fois cette nation subitement appelée à s'occuper de ses propres affaires, le gouvernement n'hésite pas à lui faciliter une tâche inaccoutumée, à prendre vis-à-vis d'elle une initiative nette et franche, à s'emparer de la direction des débats, à remplir hardiment son rôle de modérateur et d'arbitre suprême.

Sans quoi, le résultat inévitable est facile à prévoir. « On doit s'attendre », dit entre autres Saint-Simon*, « que

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