Métnoires, t. I, p
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par la cour, en furent repoussés par les sarcasmes et les plaisanteries des habitués du cercle de la reine et du comte d'Artois. Le langage, les habitudes, les noms même de ces nouveaux venus étaient tournés en ridicule, et ces hommes, qui bientôt devaient briller par des talents supérieurs et dicter des lois à cette cour irréfléchie, furent dans le premier moment traités comme des provinciaux, que les beaux esprits de Versailles et de Paris pouvaient impunément mystifier. Un cérémonial oublié, des formes d'étiquette, que la liberté, qui s'était introduite dans les avenues du trône, avait fait tomber en désuétude, furent ressuscites, et établirent, entre les deux premiers ordres et les députés du tiers, une ligne de séparation aussi tranchée qu'humiliante. Mais autant l'accueil fait à ces derniers par la cour fut insultant, autant celui qu'ils trouvaient dans la ville fut bienveillant et affectueux. Admis avec empressement dans les maisons des citoyens, où plusieurs s'étaient fait recevoir en pension, ils y exhalaient en liberté leur ressentiment et le firent partager. Ainsi..., malgré la dépendance où presque toute la population se trouvait envers la cour, cette population se prononça hautement en faveur des idées nouvelles, et s'y attacha tellement qu'elle finit par devenir tout à fait hostile. La suite a prouvé que ces dispositions n'étaient pas à dédaigner. » Perrière lui-même, tout en parlant des maladresses de la cour avec un peu plus de réserve et d'indulgence, ne peut s'empêcher de regretter hautement, qu'en des circonstances si critiques, elle ait perdu un temps précieux à de pareils enfantillages *.
Au surplus, nous ne sommes pas réduits aux déclarations des témoins oculaires, pour juger le caractère des faits, qui servirent de prélude à l'ouverture des