‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 341 sur 362 · Journal des États généraux^ n · texte numérisé non relu

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conséquences politiques, pour n'en pas traiter à part, lorsque rassemblée nationale s'en occupera. — Une singularité, qui n'a pas été moins défavorablement observée, c'est la différence dans la présentation des trois ordres. Les communes ont été très affectées; plusieurs groupes se sont aussitôt formés. On a proposé avec quelque véhémence de porter à l'instant même une réclamation au pied du trône, et de représenter au roi combien de pareilles nuances étaient douloureuses pour la partie vraiment nationale des trois ordres. L'avis qui a prévalu a été celui-ci. Le premier sentiment que la vue des communes portera dans l'âme du roi, ne doit pas être pénible, et tel serait, pour un bon prince, l'embarras qui naît de la crainte de désobliger ou d'avoir désobligé. D'ailleurs la présentation est purement facultative et nullement obligatoire ni légale. Le roi reçoit chez lui qui il veut et où il veut. Le code de l'étiquette a été jusqu'ici le feu sacré des gens de cour et des ordres privilégiés, la nation n'y doit pas mettre la même importance. C'est lorsqu'elle demandera que les distinctions humiliantes soient toutes abolies, que les témoignages de respect décerné au monarque, et qui ne sauraient être trop grands, puisqu'un peuple s'honore lui-même en honorant son prince, soient uniformes et universels, parce que les variétés de ce genre ne sont plus un tribut d'honneur, mais un symbole d'esclavage : c'est alors qu'on pourra citer cet exemple récent des rites serviles. Aujourd'hui nous ne sommes que des individus à qui le législateur provisoire n*a pas encore ouvert les lèvres. Eh I quand nous pourrons parler, ne nous occuperons-nous pas de projets plus sérieux que de la nomenclature des escaliers et des salons, par où le maître des cérémonies nous a fait passer. »

Voilà pourtant de quelle étrange manière la cour de

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Louis XVI, avec Tassentissement du roi et des ministres, entendait la mécanique à observer vis-à-vis de l'assemblée souveraine qui s'apprêtait à lui dicter les volontés de la France. Prenant le contre-pied des principes de prudence, posés par Saint-Simon, elle se serait évertuée à dresser pour son usage, la liste des fautes à commettre, qu'elle n'aurait pu la faire ni plus complète, ni plus complètement réussie.

De toutes les recommandations que Saint-Simon adressait au gouvernement assez hardi pour rouvrir les portes des États généraux, il n'y en avait aucune sur laquelle il insistât davantage, que celle de veiller au maintien de l'ordre public. Il comprenait sans peine qu'un tel changement de régime était de nature à produire sur les esprits une commotion violente, et à susciter partout des troubles redoutables. Pourtant, il ne prévoyait pas, il ne pouvait prévoir la terrible complication en face de laquelle allait se trouver le gouvernement de Louis XVI, c'est-à-dire, la famine et les souffrances déterminées par un hiver exceptionnel. La cour abandonna à Necker le soin de conjurer les suites de ces deux fléaux. Malgré la haine qu'ils lui portaient, les courtisans étaient bien forcés de reconnaître au fond du cœur, qu'en pareille matière, lui seul était capable d'inspirer confiance aux négociants, de traiter avec eux à des conditions acceptables, d'organiser avec leur concours la régularité des approvisionnements et de réunir les sommes énormes qu'ils menaçaient d'absorber, et surtout de faire face à cette dépense extraordinaire, comme il avait déjà pourvu aux dépenses courantes du trésor. Necker accepta cette tâche ingrate, et s'y dévoua tout

entier. Il n'attendit même pas que la disgrâce de Lamoignon lui assurât la liberté d'allures, dont il croyait avoir besoin pour remplir utilement les nouvelles fonctions de directeur général. Dès le 7 septembre 1788 \ il fit rendre par le conseil un arrêt, qui suspendait l'exportation des blés indigènes. A partir de cette date, sa vigilance et sa sollicitude se signalèrent par une longue série d'actes analogues, qui se prolongea jusqu'à la veille de la réunion des États généraux ^ Ce n'est pas seulement par des actes publics, c'est surtout à l'aide de combinaisons secrètes, de soins de chaque instant, qu'il parvint à pallier les effets désastreux de la crise, et qu'il l'empêcha d'atteindre les proportions inquiétantes, que semblaient annoncer les premiers symptômes du mal. Témoin de ses efforts, Malouet, l'intègre Malouet s'est fait un devoir de lui rendre, dans ses Mémoires, pleine et entière justice. « Une autre cause, dit-il % d'embarras et d'anxiété pour le conseil, dont on a fait un crime à M. Necker et qui ne peut, au contraire, que lui faire honneur, en excusant une partie de ses fautes, était la disette du blé. On a osé l'accuser d'accaparement et d'une disette factice, comme s'il n'était pas notoire qu'une succession de mauvaises récoltes avait dégarni tous les marchés. Tous les fléaux fondaient à la fois sur cette malheureuse France. La disette et la crainte des insurrections, qu'elle provoquait, bouleversaient M. Necker : les moyens d'y pourvoir absorbaient ses jours et ses nuits, et la majeure partie de l'argent dont il pouvait disposer. »

Eh bien! le croirait-on? de tels services, si précieux, si évidents, si incontestables ne désarmèrent ni le dé-

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