‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 48 sur 362 · RAPIDITÉ DU MOUVEMENT · texte numérisé non relu

RAPIDITÉ DU MOUVEMENT

tuelle, » que « les finances sont trop dérangées pour être rétablies par aucun système hors de la réunion des Etats généraux, » et que cette réunion, devenue inévitable, « ne peut se faire sans provoquer une révolutions dans le gouvernement. » Toutefois il ne faudrait pas s'y tromper. Ici le mot de révolution n'est employé que comme synonyme de réforme plus ou moins profonde, et personne ne distingue encore dans quel sens doit s'accomplir cette réforme, quelles en seront les conséquences, et surtout à quelles classes elle profitera.

L'incertitude des conjectures, auxquelles tout le monde se livre autour de lui, n'échappe pas à la sagacité d'Young. Il la signale en ces termes : « On tombe d'accord que les États généraux ne peuvent s'assembler, sans qu'il en résulte une liberté plus grande. Mais je rencontre si peu d'hommes qui aient des idées justes^ à cet égard, que je me demande l'espèce de liberté qui en naîtrait. On ne sait quelle valeur donner aux privilèges du peuple. Quant à la noblesse et au clergé, si la révolution ajoutait quelque chose à leur faveur, je suis d'avis qu'elle ferait plus de mal que de bien \ » Ainsi, vers la fin d'octobre 1787, le résultat paraît si douteux, l'avenir reste si obscur, qu'Arthur Young se demande qui bénéficierait de la réunion des États, et entre les mains de qui tomberait la part d'autorité que la couronne était menacée de perdre. Les prétentions des ordres supérieurs l'effrayent. Il craint qu'à force d'insistance et de bruit, ils ne parviennent à conquérir quelques nouvelles faveurs. Au contraire, il n'entend nulle part réclamer, d'une manière nette et précise, ce qu'il appelle les privilèges du peuple, ce que nous appelons, nous, les droits du tiers état. Dans les rangs de la bourgeoisie, avec laquelle il entre en relations, les plus ardents, s'il

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