‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 49 sur 362 · Eodem, p. 115. Lettre du 17 octobre · texte numérisé non relu

Eodem, p. 115. Lettre du 17 octobre

faut l'en croire, « aspirent à du nouveau, sans savoir ni quoi désirer, ni quoi espérer*. » Ils attendent, ils observent, ils n'osent pas se prononcer. Aucun d'eux ne soupçonne que le pays est à la veille d'une révolution politique et sociale, dans laquelle ils vont être appelés à jouer le principal rôle et à recueillir les plus grands profits.

Un an s'écoule : Young revient en France et le mouvement qu'il y remarque a pris un caractère tellement accentué, qu'il est impossible de se méprendre sur sa nature et sur ses conséquences. « Nantes, écrit-il à la date du 22 septembre 1788 % est aussi enflammé pour la cause de la liberté qu'aucune ville de France. Les conversations, dont je viens d'être témoin, m'ont fait voir l'incroyable changement qui s'est opéré dans l'esprit des Français, et je ne crois pas possible pour le gouvernement actuel de durer un demi-siècle de plus, si les talents les plus éminents et les plus courageux ne tiennent le gouvernail. La révolution d'Amérique en entraînera une autre en France, si le gouvernement n'y prend garde. » Cette fois, ce ne sont plus les prétentions de la noblesse et du clergé qui effrayent notre voyageur. Le tiers état s*est décidé à faire connaître les siennes, et le bruit de sa voix couvre déjà toutes les autres. On sait maintenant ce qu'il veut. On sent qu'il est assez fort pour l'obtenir en dépit de vaines résistances. C'est la liberté américaine, la liberté pour tous. Bientôt il demandera aussi l'égalité, et l'ancien régime s'écroulera d'une seule pièce.

Les observations d'Arthur Young sont confirmées par le témoignage des autres contemporains. Ils affirment tous que, sous le ministère de Brienne, la France subit une transformation aussi rapide que complète. Quiconque s'en éloignait pendant quelques mois, éprouvait, en

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