‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 56 sur 362 · Lois anciennes, t. 23, p. 451 et suiv · texte numérisé non relu

Lois anciennes, t. 23, p. 451 et suiv

Sa Majesté est que les fautes légères, qui jusqu'à présent ont été punies de la prison, le soient dorénavant par les coups de plat de sabre. Si ce dernier châtiment, le plus efficace par sa promptitude, et d'autant plus militaire que les nations les plus célèbres, et chez lesquelles l'honneur était le plus en recommandation, en employaient rarement d'autre, est redouté du soldat français, il sera un moyen d'autant plus sûr à employer pour le succès de la discipline... » Contrairement aux prévisions de Saint-Germain, cette disposition inusitée produisit deux effets aussi regrettables l'un que l'autre. Une partie des officiers répugnait à l'application d'un châtiment qui leur paraissait en opposition avec les mœurs. Ils préféraient fermer les yeux sur une foule d'infractions à la discipline, sans réfléchir qu'ils donnaient eux-mêmes l'exemple toujours fâcheux de l'infraction à la loi, et l'opinion publique approuvait hautement leur conduite K D'autres se montraient plus sévères et même quelques-uns, depuis la réaction de 1781, se montraient trop sévères. « Il y eut, dans plusieurs régiments des suicides, des rébellions, et, dans toute la France, on cita ce mot d'un grenadier : Je n'aime du sabre que le tranchant \ » Bientôt, le nombre des déserteurs, qui avait toujours été considérable, prit des proportions incroyables. Un seul fait suffira pour montrer à quel point était arrivé le mécontentement des soldats. On vit, dit la noblesse de Montreuil-sur-Mer, dans le Cahier de ses demandes et représentations % « ce qu'on n'avait jamais vu, une compagnie de grenadiers entière, provoquée à la désertion, ouvrir les portes d'une ville de guerre et passer à l'ennemi, pour se soustraire à des traitements indignes de leur état. »

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