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DÉSORGANISATION DE L'aRMÉE 97
conseil de la guerre et en général tous ceux que l'armée appelle des faiseurs, étaient sans le savoir les véritables instigateurs de la Révolution. Les coups de plat de sabre "et toute la discipline du Nord ont exaspéré le soldat français. »
L'aveuglement, que suppose une telle conduite, est d'ailleurs un aveuglement général aux hommes de cette époque. Trompés par la longue et patiente soumission des classes populaires, ils ont fini par perdre le sentiment des nécessités, que le maintien de l'ordre impose à tout gouvernement soucieux de ses devoirs. Non seulement ils ne prennent aucune pré(Taution pour s'assurer en cas de besoin le secours efficace de l'armée, mais ils négligent d'entretenir en France une maréchaussée suffisante pour y protéger les honnêtes gens. Ils ne traitent pas mieux les gendarmes que les soldats. Ouvrez les Cahiers de 89. Vous n'en rencontrerez peut-être pas un seul, qui ne contienne à ce sujet des plaintes très vives et même parfois amères. « Jusqu'à ce jour », dit celui du tiers état d'Étampes \ « le gouvernement s'est plus occupé de porter la guerre au dehors que d'assurer la tranquillité intérieure. Il serait intéressant d'augmenter le nombre des maréchaussées et de les mieux payer. Ce corps est le plus utile à la nation. Il ne saurait être trop multiplié. Les brigands désolent les villes et les campagnes, et tous les citoyens sont intéressés à pouvoir voyager avec sûreté et à vivre chez eux à l'abri des attaques de ces ennemis de leur repos. » Notez que, malgré l'insuffisance de leur nombre et de leur paye, personne ne reproche aux cavaliers de la maréchaussée d'avoir subi les entraînements du jour et de s'être relâchés de leur ponctualité ordinaire. Par une singularité, que nous avons vu se renouveler sous nos yeux,