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insensés amassaient déjà tant de nuages, commençait à chanceler, l'armée, qui devait être si soigneusement ménagée, blessée dans ses goûts et dans ses habitudes, se cabrait contre un système qui l'efTarouchait; et pour se soustraire à un apprentissage, pour lequel le soldat français n'est pas fait, ne craignait pas d'agiter les plus hautes questions de politique et dy prendre une part active. »
« Cette disposition des esprits », dit en finissant le comte Miot, « ne put échapper au prince qui nous commandait. Le camp fut levé assez précipitamment ; les troupes rentrèrent dans leurs garnisons. Mais toutes y rapportèrent les idées et les opinions, qui s'étaient si subitement développées dans le grand rassemblement, dont elles faisaient partie. Suivant ce qui a été remarqué dans le temps, les choses se passèrent au camp de Metz, à peu près comme elles s'étaient passées au camp de Saint-Omer. Il fallait donc un excès d'aveuglement et la soif de la renommée, qui tourmentait des hommes impatients de faire triompher leurs conceptions hasardées, pour avoir songé, en de telles circonstances, à réunir des troupes dans l'unique dessein de les tourmenter. On avait saisi juste le moment où tous secouaient leurs chaînes, pour en imposer de nouvelles aux soldats et les réduire au rôle d'automates. Jamais inconséquence ne fut plus grande, et jamais aucune n'eut des suites plus funestes pour ceux qui s'en rendirent coupables. »
Rien n'autorise à suspecter l'exactitude des faits ainsi racontés par Miot. Quant à l'impression qu'il en reçoit et aux conclusions qu'il en tire, elles concordent parfaitement avec celles que l'on trouve consignées dans les écrits contemporains. Rivarol * notamment les a résumées, en quelques mots : « Tous les membres du