Considérations sur la rév. ft\, t. I, p
circonstances, il ne se fit nullement prier pour rentrer aux affaires. Un instant, le roi, qui lui avait donné tant de sujets de plainte, craignit qu'il ne se vengeât, en repoussant l'offre tardive qu'on était forcé de lui faire, ou qu'il ne mît à son acceptation des conditions rigoureuses. Louis XVI confia son embarras au comte de Mercy-Argenteau \ l'ambassadeur d'Autriche, le conseiller intime de la reine, et le chargea d'être son intermédiaire auprès de Necker. Il s'agissait de lui faire accepter purement et simplement la direction générale des finances, avec le titre de ministre d'État, qui lui donnait l'entrée au conseil, cette entrée que jadis on lui avait refusée sous une forme si blessante. Dans -ces termes, la négociation n'était pas difficile, et d'avance M. de Mercy, qui savait parfaitement à quel homme il avait affaire, s'empressa de rassurer le roi sur son issue. Il se rendit aussitôt à Saint-Ouen, pour s'acquitter de sa mission. « Gomme il l'avait prévu -, il rencontra peu de difficulté, et, à travers quelques phrases vagues sur l'état des choses et la nécessité que le roi ne le contrariât plus dans ses vues, M. Necker se hâta d'accepter et ne dissimula même pas la joie que lui causait, la démarche de M. de Mercy. » Mais encore, avec M. de Mercy, Necker avait-il hasardé quelques observations sur la nécessité de n'être plus gêné dans ses combinaisons politiques ou financières. Quand il fut nommé, quand il se retrouva, pour la première fois, en présence de Louis XVI, il supprima toute condition et se livra sans réserve. C'est lui-même qui nous raconte cette entrevue. « Je fus, dit-il % à Versailles. Le roi voulut me voir dans le cabinet de la reine et en sa présence.
1. Correspondance entre Mirabeau et le comte de la Marck. Introduction, p. 5i et suiv.
2. Eodem,. p. 33 : M. de Bacourt affirme qu'il a recueilli les faits, qu'il rapporte, de la bouche même de M. de Mercy.