‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 84 sur 362 · AfémoîVes, t. I, p. 253-254 (2e édition · texte numérisé non relu

AfémoîVes, t. I, p. 253-254 (2e édition

général, que, pour établir une force centrale, il n'avait qu'un pas h faire, qui était de rallier au roi la grande majorité des opinions dirigeantes! Or, dans le court espace de 1787 à 1789, les classes privilégiées perdirent tout leur crédit; et, pour les préserver d'une destruction totale, il fallait bien se garder d'agir ou de parler sous leur dictée. On ne peut donc tenir aucun compte de l'objection des ministres, qu'il était dangereux, pour la monarchie et pour le monarque, de lui faire abandonner trop tôt et de son propre mouvement ceux des privilèges du clergé et de la noblesse, qui intéressaient le plus ces deux ordres, et auxquels il était si nécessaire qu'ils renonçassent, en retranchant, de leurs dignités et de leur existence, tout ce qui était manifestement onéreux au peuple. Cette apparence d'adhésion des ministres aux principes de l'aristocratie était d'autant plus dangereuse, qu'ils ne pouvaient ni ne voulaient la défendre complètement et efficacement'. Ils étaient donc sûrs de l'avoir pour ennemie. Gomment alors ne sentirent-ils pas la nécessité de se rallier franchement, énergiquement, à la véritable opinion publique, à celle qui, ayant déjà la force, n'avait encore rien d'insensé, ni de corrompu? »

Mais comment Necker aurait-il compris les conseils de Malouet? Nous l'avons déjà dit, il ne connaissait pas, ou il connaissait mal cette France dont les destinées venaient de lui être remises. En vain Malouet l'entretenait d'une « horreur universelle de V ancien régime », ^t le suppliait d'en tenir compte. Cette horreur, il ne l'avait jamais partagée. 11 n'avait jamais eu l'occasion de la constater, et, s'il en admettait l'existence, il refusait de croire à sa gravité. Personnellement, il n'avait pas souffert des anciens abus. Sa qualité d'étranger, sa

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