‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 94 sur 362 · NECKER ET LES FINANXES · texte numérisé non relu

NECKER ET LES FINANXES

naires et extraordinaires, sans recourir à d'autres ressources que celles qu'il avait annoncées. « Une pareille administration, dit M. Droz \ tient du prodige. Si Necker eût fait un exposé détaillé de ses travaux financiers, pendant son second ministère, il y aurait, dans ce compte minutieux de ses opérations journalières, d'importantes leçons à puiser pour les administrateurs. On y verrait ce que sont capables de produire une activité de tous les instants, et la réunion de petits moyens, qui, séparés, seraient insignifiants, mais qui, rassemblés et dirigés vers un même but, ont la puissance de l'atteindre. Toutes les ressources de banque, si bien connues de ce ministre, furent mises en œuvre; mais quelle que fût son habileté, elle aurait échoué, si elle n'eût pas été soutenue par la confiance, qu'inspirait son intégrité. » Si pompeux que soit ici l'éloge, il reste encore au-dessous de l'admiration, mêlée de surprise, qu'inspirait aux contemporains le second ministère de Necker, considéré au point de vue financier. Cette admiration ne manque aucune occasion de se manifester; on la retrouve partout, au moment où l'on y songe le moins. Pour n'en citer qu'un exemple, à propos de la question de savoir si les étrangers devaient être éligibles aux Etats généraux, Dupont de Nemours trouve moyen de glisser dans les Cahiers de son bailliage la phrase suivante, qui résume exactement, et sous une forme remarquable, le sentiment public de Tépoque : « Le tiers état du bailliage de Nemours pourrait citer des exemples plus modernes de ministres, dont la réputation personnelle suspend l'inquiétude générale, soutient la. marche des affaires, et donne à la nation le temps de venir ellemême à son propre secours, qui ne sont ni Français, ni naturalisés *. » Malgré la haine qu'il portait à Necker,

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