Considérations sur la rév. fr., t. I, p
J38 LA CHUTE DE l'aNCIEN RÉGIME
le ministère *. Il contenait deux choses distinctes, l'annulation de celui du 16 et Texposé de la marche que Necker entendait suivre dans son administration financière. « Sa Majesté, dit le préambule, a vu qu'en retardant un peu les payements les moins pressés, en veillant exactement sur toutes les distributions de recettes et dépenses, et en faisant concourir au but chaque partie du grand ensemble des finances, elle n'aurait besoin que d'une étendue mesurée de crédit, pour atteindre sans désordre à l'époque des États généraux, puisque Sa Majesté, guidée par un amour constant du bien public, se dispose d'en accélérer la convocation, ainsi qu'elle le fera connaître incessamment. » Tel était du reste le programme que l'opinion générale avait prêté à Necker dès les premiers instants de sa rentrée aux finances. On croit, écrivait Lafayette dans les derniers jours d'août % « que M. Necker se soutiendra jusque-là (jusqu'à la convocation des États généraux) sans emprunt nouveau, en faisant remplir les anciens, et en faisant des tours de force de talent et de confiance publique. »
L'opinion n'avait pas trop présumé des capacités financières de son ministre favori. p]n vain la convocation des États généraux, qu'il avait espérée plus prompte, fut, par des circonstances indépendantes de sa volonté, différée jusqu'au 5 mai 1789. En vain, pendant plusieurs mois encore, ces mêmes États, absorbés par les conflits qu'entraîna leur constitution définitive, durent s'occuper de bien autre chose que de remplir les caisses du trésor. Malgré ces retards imprévus, Necker trouva moyen de remplir ponctuellement les promesses de son programme. Il pourvut à tous les besoins de l'Etat, ordi-
1. « Arrêt du conseil d'Etat du roi, du 14 septembre 1788, portant révocation des dispositions ordonnées par celui du 16 août... » Archives parlem., t. I, p. 357.