‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 112 sur 331 · Biographie Michaud^ v« Necker^ article de Lally-ToUendal · texte numérisé non relu

Biographie Michaud^ v« Necker^ article de Lally-ToUendal

de Bordeaux (M. de Cicé), cette particularité jusqu'ici inconnue, mais incontestable. II nous a répété vingt fois qu'il avait vu ce premier rapport, qu'il y avait concouru lui-môme; qu'il l'avait laissé dans le cabinet du ministre en partant pour la campagne; que, revenu à Paris la veille de Noël, il avait trouvé tout changé, et que Necker lui-même avait dit : Nous ne sommes plus assez forts pour leur refuser leur doublement. Il le faut complet... Loin d'élre enivré des succès de ses conclusions, Necker en attendait la suite avec une inquiétude qui s'augmentait à la nouvelle de certaines élections. Je vois la grande vague s'avancer (écrivait-il en approchant de l'oUverture des États généraux); est-ce pour m' engloutir? Le rédacteur de cet article a vu cette lettre *. »

Après cela plus de doute. Il faut renoncer à voir dans Necker le personnage que nous dépeignent les partisans de l'ancien régime, révolutionnaire endurci, abusant de ses fonctions pour renverser ce qu'il était tenu de défendre, et poursuivant son œuvre de destruction avec autant de persistance que de déloyauté. Examinée avec soin, sa conduite est celle d'un homme honnête, scrupuleux jusqu'à l'indécision, cherchant le bien en conscience, mais n'ayant ni Tesprit assez élevé j)our le découvrir de loin, ni le caractère assez ferme pour l'embrasser franchement. Que si nous lui demandons à lui-même quel fut le principal motif de sa résolution tardive, il nous répond que ce motif est précisément le seul dont il n'ait pas osé parler dans son rapport ofiQciel. € Le mol de nécessité ne s'y trouve point », dit-il*, et pourtant, à l'entendre, il n*a fait que subir une nécessité impérieuse, qui ne lui laissait plus la liberté du choix.

t. Compares ODCore ce que dit le comte de Montlosier, Mémoires, 1. 1, p. 84.

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