Bitt. di la Rév. /V., t I, p
t. Mémoires, i. I, p. 344, 357, 358, 359, 364.
est imaginé après coup. L*abbé Morellet ânit par avouer qu'en 1789, la question ne s'est pas offerte aux esprits. Personne alors n'a songé à revendiquer les droits de la propriété territoriale. Lui-même, dans une brochure qu'il a publiée sur ces entrefaites, et qui porte le titre de Lettre à la noblesse de Bretagne, il n'a pas eu l'idée de mettre en avant le système auquel il s'est arrêté plus tard. < La manière, dit-il à ce sujet, dont la question des États généraux a été posée d'abord, a écarté des esprits cette idée si juste et si vraie, qui devait être la base, non seulement de toute organisation d'une assemblée nationale, mais encore des assemblées primaires et de celles où on nommerait les représentants. » Si cette remarque est exacte, elle atténue singulièrement la faute imputable aux ministres de Louis XVI. Ici, comme dans une foule de cas, ils n'ont fait que subir les entraînements et les illusions de leur époque.
Est-ce à dire que l'introduction du suffrage universel ou quasi-universel, dans les élections du tiers état, ait été de nature à exercer sur le choix des représentants élus une notable influence? Necker ne le pense pHs, et il en donne une raison trop facile à vérifier pour qu'elle nous semble suspecte. « L'on doit observer, dit-il, qu'une condition de propriété aurait apporté peu de changement à la composition du troisième ordre aux États généraux, puisque la mesure de cette propriété n'aurait pas excédé la fortune de la plus grande pluralité des députés des communes. » Allons plus loin, et demandons-nous quelles étaient, en 1789, les classes dans lesquelles l'esprit révolutionnaire avait déjà fait le plus de progrès et qu'il fallait le plus tenir à l'écart du scrutin. Ces classes, nous le verroift bientôt, étaient celles qui avaient le plus souffert des abus de Tancien régime et qui avaient le plus