‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 13 sur 331 · LUTTB NOUVELLE EN PROVENCE · texte numérisé non relu

LUTTB NOUVELLE EN PROVENCE

déclame contre le despotisme, et réclame la convocation des États généraux, sans en prévoir les conséquences. Quant au tiers état, il refuse d'intervenir. Il reste le spectateur, en apparence indifférent, d'une lutte dont il n'espère aucun résultat favorable à ses intérêts. Que Ton aille en Guyenne, en Bourgogne, en Franche-Comté, ailleurs encore. Partout le môme spectacle. Inutile d'y arrêter nos regards. Une seule province fait exception à la régie. Là des circonstances particulières, antérieures à la publication des édits, ont amené des troubles d'une nature spéciale, dont nous avons à dire quelques mots, afin de compléter le tableau des agitations de répoque.

La Provence avait eu des états, supprimés, avec tant d'autres, par la volonté toute-puissante de Richelieu. Gomme ceux de Languedoc, ils délibéraient en chambre unique et ils votaient par tête. Seulement le tiers état y était représenté par un si petit nombre de membres, que sa voix était constamment étouffée par celle des ordres supérieurs. Leur perte ne lui causa aucun regret, et, du reste, il en fut bientôt dédommagé par un système d'institutions qui lui assuraient une large part d'influence dans la gestion des affaires du pays. Quelle est Torigine de ce système, qu'on ne retrouve nulle part? quelles phases successives a traversées son développement? peu importe. Voici comment il fonctionnait en 1787, au moment où parut Tédit sur les assemblées provinciales *. A la tète figurent deux rouages principaux : l'assemblée générale des communautés, qui se tient chaque année, pendant quelques jours, dans la petite ville de Lambesc, et la commission des procureurs du pays, qui siège en permanence à Aix. L'une représente en quelque sorte le pouvoir législatif et l'autre le pouvoir exé-

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