LUTTE NOUVELLE EN PROVENCE
d'Aix, comme en général les officiers municipaux des grandes villes, appartenaient toujours à la noblesse. Le premier devait être pris parmi les possédant-fiefs les plus qualifiés de la province, et le second parmi les gentilshommes de la ville d'Aix. Il ne restait au tiers état qu*un des trois procureurs-joints, et celui que Portails désigne sous le nom d*assesseur. Celui-là était toujours un des avocats les plus anciens et les plus renommés du parlement. Son expérience des affaires le désignait comme le plus propre à en régler les "détails. Aussi exerçait-il les fonctions de procureur général de la commission, dont il était la cheville ouvrière. Grâce à ce régime exceptionnel, la Provence était parvenue à se défendre contre les exigences et les empiétements du pouvoir central. « Depuis la suspension des états », dit encore Portails, « toute la force de Tadmistration, toute l'activité de la liberté nationale fut concentrée dans les assemblées générales des communautés. Elles furent comme la planche de salut. » D'un autre côté, elles maintinrent le chiffre des impôts à un taux relativement modéré. Leur répartition s'effectuait d'une manière à peu près équitable. Il y avait là pour les Provençaux des motifs sérieux d'attachement et de reconnaissance.
Quand parut l'édit sur les assemblées provinciales, le gouvernement jugea qu'il n'était pas applicable à la Provence et qu'elle méritait d'être traitée eomme les pays en possession d'états proprement dits. Il ne publia pas de règlement complémentaire qui la concernât. Tout semblait donc annoncer qu'ici les choses devaient rester dans le statu guo. Ce n'était pas l'affaire de la noblesse provençale. Elle profita de l'occasion pour protester contre un régime qu'elle avait toujours considéré comme attentatoire âses droits ou à ses prétentions. On eût compris à la rigueur qu'elle sollicitât l'application pure et simple de Tédit de juin. Mais les nouvelles