‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 156 sur 331 · Eodem, p. 425. Lettre du 31 octobre · texte numérisé non relu

Eodem, p. 425. Lettre du 31 octobre

d'entrer aux États généraux, moyens qu'il pourrait me donner en profusion. » Supposons en effet que Mirabeau fût tenté de poser sa candidature en Provence, dans son pays d'origine et de la poser devant la chambre de la noblesse. II risquait de se voir écarté par nne fin de non-recevoir, tirée des anciens règlements électoraux, jusqu'alors en vigueur, et dont personne ne prévoyait encore la modification prochaine. Aux termes de son contrat de mariage, il n'avait pas la pleine et entière propriété des fiefs qui lui avaient été constitués en dot; il était seulement appelé à les recueillir par voie de substitution, après le décès de son père. Celui-ci pouvait, il est vrai, trancher la difficulté d'un mot : il n'avait qu'à renoncer à son droit d'usufruit, en tout ou en partie. Malheureusement, ce mot, il ne le prononçait pas et ne le prononça jamais. Faute de cette renonciation, Mirabeau ne savait quel parti prendre. Un instant, il eut l'idée de tenter fortune en Alsace, en Dauphiné. Après de mûres réflexions et des essais peu encourageants, il finit par se rabattre sur la Provence, dût-il s'y présenter devant la noblesse avec une position attaquable. En cas d'échec de ce côté, il nourrissait Tarrière-pensée de solliciter les suffrages du tiers état, qu'il se croyait sûr d'obtenir. Voici en quels termes il annonce ses dernières résolutions : « Je ferai assurément, » écrit-il *, le 24 décembre 1788, « tout ce que je pourrai pour être à mon poste de citoyen dans ces jours critiques : mai& on fera aussi tout ce qu'on pourra pour m'empêcher d'y être. Déjà TAlsace, qui m'avait capté, provoqué, arrhé, à l'avènement de Necker, a fouiné. C'est en Dauphiné que j'ai acquis un fief; mais ma place naturelle est en Provence, et je vais me rendre aux états particu-

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