‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 158 sur 331 · II · texte numérisé non relu

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pas, et ses regards se tournaient toujours vers le tiers état, dont Taccueil empressé semblait lui promettre un refuge contre les dédains d'une aristocratie jalouse. Le 20 janvier, il écrivait à sa sœur Mme du Saillant * : « J'arrive dans des circonstances vraiment difficiles et fâcheuses. Le tiers me poursuit de marques de con-: fiance et d'enthousiasme très imprudentes pour sa cause même; car il met le comble à la rage des nobles qui ont toutes les convulsions de Turnus expirant. Je n'ai jamais vu un corps de noblesse plus ignorant, plus cupide, plus insolent. Ces gens-là me feraient devenir tribun du peuple malgré moi, si je ne me tenais pas à quatre. Cependant, non seulement je dissimule, je me dérobe ; mais je ne les désarme, ni ne les rassure, et, s'ils ne me refusent pas ma place aux états, sous prétexte de preuves non faites dans le temps prescrit par le règlement, c'est, je t'assure, parce qu'ils sont aussi poltrons qu'insolents, et qu'ils ont envie d'endormir mon esprit public et surtout de me rendre suspect. Somme toute, j'ai été convoqué pour l'assemblée de la noblesse d'aujourd'hui; j'y vais. Je n'y dirai pas un mot. Je me réserve pour les états; ainsi l'on pourra empoisonner mon silence, mais non pas mes discours. » Serment d'ivrogne, que Mirabeau ne tarda pas à violer. Dès le lendemain, il prend la parole au cours d'une discussion sans importance *. Le 23 janvier, il prononce un discours sur lefir protestations des noble» provençaux, qui n'avaient pas été convoqués parce qu'ils ne possédaient aucun fief '. C'est là son vrai début

4. Mémoires de Mirabeau, publiés par Lucas de Moniigny, t. V, p. 231.

2. Collection complète des travaux de Mirabeau Tatné, à TAssemblée nationale, précédée de tous les discours et ouvrages du même auteur, prononcés ou publiés en Provence pendant le cours des élections, par Etienne Méjean, Paris, 1791, t. I, p. 1-6.

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