Eodem
86 passent dans l'attente, c'est-à-dire entre la vie et la mort. »
A la lecture de pareils détails, on se demande si Ton rêve. Que faisaient donc, au milieu de ces apprêts de guerre civile, les troupes campées sous les murs de Rennes, et destinées apparemment à protéger ou à rétablir Tordre? Le comte de Thiars les avait fait rentrer dans la ville, mais, selon son habitude, il les commandait avec tant de mollesse que leur présence n'en imposait à personne. C'est la partie la plus sage et la plus éclairée du tiers état qui, par le seul effet de démarchei^ conciliantes, réussit à cimenter une trêve entre les belligérants. € L'hôtel de ville était toujours assemblé * et les pères de famille, alarmés des malheurs qui menaçaient la patrie, offrirent aux deux premiers ordres leur parole d'honneur qu'il ne leur serait fait aucun mal, s'ils voulaient de leur côté prendre avec eux le même engagement. Au premier abord, la noblesse refusa d'entrer en composition avec ceux qui avaient voulu l'assassiner. Enfin le comte de Thiars, commandant de la province, également cher aux deux partis, parvint à leur faire accepter un accommodement. On convint que la noblesse sortirait, sans autres armes que son épée, de la salle des états, et l'on promit de part et d'autre de ne point troubler la tranquillité publique. » Ici les officiers municipaux promettaient un peu plus qu'ils ne pouvaient tenir. Quelle que fût la pureté de leurs intentions, il ne dépendait pas d'eux de couper court à toutes les suites d'une crise aussi violente; et les anciens désordres étaient à peine calmés, que d'autres déjà se montraient à l'horizon.
Dès la soirée du 27, immédiatement après la collision qui venait d'ensanglanter les rues de Rennes, les