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370 LA CHUTB DE L'aNCIEN RÉGIME
vainqueurs, craignant un retour offensif de leurs adversaires, avaient expédié dans les principales villes de la province, des agents chargés d'y recruter des secours. Au nombre de leurs émissaires se trouvait celui que nous avons vu figurer dans les premiers troubles de Bretagne, sous le pseudonyme d'Omnes-Omnibus. Arrivé à Nantes pendant la nuit du 28 au 29, il n'eut besoin ni de longs discours, ni de grands efforts pour entraîner avec lui des jeunes gens, qui ne demandaient qu'à le suivre. Avant leur départ, ils publièrent, en guise de manifeste, un de ces arrêtés à formes judiciaires, que les ordres supérieurs avaient mis à la mode, et que les . diverses classes du tiers état s'arrogeaient le droit d'imiter à leur tour. Puijs, ils se mirent en marche au nombre d'environ huit cents. Lorsqu'ils eurent atteint les environs de Rennes, la paix était conclue. On avait envoyé au-devant d'eux de nouveaux députés, qui leur annoncèrent cette bonne nouvelle, et les engagèrent à retourner sur leurs pas. Mais, ils ne se souciaient pas d'interrompre aussi brusquement une expédition dont ils se promettaient tant d'honneur. A chaque étape, ils rédigeaient un Journal de route officiel, destiné à perpétuer le souvenir de leur patriotisme. Pour les arrêter en si bonne voie, il eût fallu plus de fermeté dans le ministère, et plus de résolution dans les agents, chargés d'exécuter ses ordres. De là, des incidents caractéristiques, que Sallier résume en ces termes * : c Les Nantais continuèrent leur route, et députèrent en même temps vers le comte de Thiars, pour avoir son assentiment, ou pour montrer qu'ils pouvaient s'en passer. Ce commandant leur envoya des défenses d'entrer dans Rennes au nombre de plus de trente, ordre que, dans leur style d'insurgés, ils appelèrent une proposition, et qu'ils