‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 20 sur 331 · LA FIN DU MINISTÈRE DE BRIENNE · texte numérisé non relu

LA FIN DU MINISTÈRE DE BRIENNE

1. Les remontrances du clergé de France. — II. L*arrét du conseil du 5 juillet. — m. La nouvelle politique du ministère. — IV. L*arrét du 8 août. — V. La chute de Brienne. — VI. Rapidité du mouvement qui s*est opéré en France. — VII. Causes de cette rapidité. — VIII. Désorganisation de Tarmée. — IX. Intervention de la bourgeoisie. — X. Entrée en scène des classes populaires.

Parmi les nombreux mécomptes que Brienne eut à subir, il en est un qui parait lui avoir été particulièrement sensible et qui exerça sur ses résolutions une influence déterminante. Dès le début de son ministère, il avait conçu le projet de chercher un appui auprès de rassemblée générale du clergé de France, dont naguère il était un des membres les plus écoutés. Un instant même, il s'était flatté d'obtenir d'elle un secours pécuniaire assez important pour combler une notable partie du déficit. Le clergé n'avait-il pas un grand intérêt à éviter la convocation des États généraux, que la pénurie du trésor et l'hostilité des parlements risquaient de rendre nécessaire? Et n'avait-il pas mille moyens de tirer le gouvernement d'embarras, sans s'imposer des sacrifices trop lourds, ne fût-ce qu'en se montrant gé-

nireux « aux dépens des moines, qui avaient de si nombreux antagonistes et. si peu de défenseurs * »? Que si des obstacles imprévus contraignaient Brienne de réduire ses prétentions et d'abandonner un plan si vaste, il se croyait au moins sûr de trouver, chez ses anciens collègues, un témoignage de sympathie pour sa politique et d'obtenir d'eux, à titre de don gratuit, une somme qui lui permettrait die parer aux besoins les plus pressants. Néanmoins, et quelle que fût sa confiance dans le résultat, il hésita longtemps avant d'engager cette campagne. 'Ce ne fut qu'à la veille de la puî)lication des édits de mai qu'il se décida, alors que les premières menaces de résistance eurent éveillé ses premières inquiétudes. .

Le clergé, convoqué en session extraordinaîjpe, se réunft à Paris dans tes premiers jours de* mai' 1788. € Brienne eut peine à le reconnaître *. L*opinion publique avait agi sur beaucoup de prélats : elle ne les avait pas rendus dévoués à l'intérêt général, mais elle avait donné à leur égoïsme une nuance toute nouvelle. Le ministre, dè& ses premiers entretiens avec eux, vit qu'il £aillait abandonner son vaste projet : il insista seulement pour décider l'assemblée à se prononcer en faveur de ses édits; et quant aux finances,, il trouvait lea esprits si mal disposés, qu'il n'osa solliciter qu'una faible somme de dix-huit cenl mille livres pour l'année courante et une somme égale pour 1789.. Encore joignit-il à sa. demande la promesse du roi que les formes d'administration du clergé seraieut conservées., ji Réduite à des proportions si modestes, cette demande fut présentée officiellement par deux commissaires royaux, Le baron de Breteuil, secrétaire d'État ^ et Lambert^ contrôleur général des finances.. Elle semblait si peu sus-

Page 1