Droz, eodem
LES REUQNTRANCEa DU CLERGÉ 43
ceptible d'objections sérieuses que les commissaires attenr dirent pendant trois heures une réponse dont ils ne doQtaiefit pas» Grande fut leur surprise quand on vint leur signifier que la délibération était continuée au leur daiuiin. Malgré les efforts de l'archevêque de Narbonne, qui préaidait l'assemblée, une foule de membres témoignaient contre le gouvernement des dispositions hostiles. A leur tête se distinguait Thémines, évoque de Hois, dont c Tingénieuse, mais sombre et mx)rdante censure * » entraîna la majorité à prendre un parti plus iécfaeux encore pour le ministère qu'un refus immédiat. « n fot arrêté qu'avant de statuer sur aucun don, le dergé, comme premier ordre de l'État, adresserait au roi des représentations sur la cour plénière et sur la situation actuelle des affaires. Quinze commissaires^ dont trois archevêques (Reims, Aix et Arles), quatre évêques (Langres, Béziers, Auxerre et Saint-Malo) et huit mem^ bres do second ordre furent nommés pour assister,- dans la rédaction de ses remontrâmes, le prélat qui les avadl proposées. > La commission accomplit laborieusem^iît sa iàche. Elle lut, relut, modifia les projets, qui lui fu* reot soumis par l'évèque de Blois, et le 15 juin,, le roi reçut, de son fidèle clergé, non pas seulement un, mais deux actes de remoistrances, qui sollicitent, à divers titres l'attention de l'histoire.
Le premier * est rehitif « au grand mouvement dans les choses et les persoa&ms », que le roi vient d'opéreor par les nouveauix édits. Oubliant Tobjet spécial suit lequel il est appelé à statuer, le clergé de France fait irruption dans le domaine de la politique, et la manière d<Hit il essaye de justifier cette démarche anormalia ',
t. Mémowes de We&#r,.p. 1^^
2. Voyea Archives paHementaireSy t. I, p. 333 et siûr. C*eat là. qna, sflMLf indication contraiFe^ noua aïons empruolô toutes les citations (|ui ▼ont enivre.
3. « Le clergé, dit avec raison Tauteur des Mémoires de Weber, n*avait
annonce déjà quels sentiments la lui inspirent, t Lorsque le premier ordre de l'État, dit-il, se trouve le seul qui puisse élever la voix, que le cri public le sollicite de porter les vœux de tous les autres au pied de votre trône, que l'intérêt national et son zèle pour votre service le commandent, il n'est plus glorieux de parler, il est honteux de se taire. Notre silence serait un de ces crimes, dont la nation et la postérité ne voudraient jamais nous absoudre. » Après cette phrase sonore, le clergé, usurpant un rôle qui ne lui a jamais appartenu, se pose en défenseur de la nation, en censeur du gouvernement, en moniteur du roi lui-môme *. Non content de dénoncer l'existence du mal, il s'arroge le droit d'indiquer le remède. Suivant lui, il n'en reste plus qu'un : la convocation des États généraux. « Que ces assemblées, ajoute-t-il, seraient surtout utiles si elles pouvaient être rapprochées et périodiques! » Ce qu'il veut, ce qu'il réclame, ce n'est pas l'établissement d'un régime bâtard, où la nation ne serait assemblée que lorsque l'on aurait besoin d'elle, « pour lui annoncer de grands maux et lui demander de grands sacrifices, » c'est un régime franchement constitutionnel, qui garantisse à la nation le droit et la faculté d'exercer, sur la gestion de ses affaires, un contrôle permanent. < La restauration de l'ordre et de la paix rend ce bienfait nécessaire : plus il sera prompt, plus il sera utile; plus tôt vous serez proclamé l'ami du genre humain, le bienfaiteur des générations futures, plus tôt vous recevrez le dévouement entier de votre peuple. »
jamais été uo ordre politique, isolément des deux autres ordres du royaume. Quand les trois étaient rassemblés en États généraux, il était le premier, et il n'y avait point de question civile qui ne îti alors de sa compétence. Mais, hors des Etats généraux, le clergé n*avait jamais été assemblé que sur des objets ou de religion, ou d'administration ecclésiastique, ou de dons gratuits pour les besoins de TËtat. > Mémoires de Weber, p. 143.