Mémoires de Weber, p
ARRÊT DU S ;rUILLET 47
La preuve qu'em agissant ainsi, ils croyaient défendre I^n*B iiïtéréts menacés, résulte du second acte qu'ils présentèrent à Louis XVI, dans cette même journée du 15 juin. Celui-là est relatif t aux droits, franchises, et immunités de TÉglise de France * ». On éprouve une impression pénible en parcourant cette pièce dans laquelle le derçé, malgré le déficit, malgré le progrès général ^es idées, malgré la justice et la raison, s'obstine à conserver le monstrueux privilège de ne pas contribuer aux charges de TÉtai, et réclame instamment du roi des mesures de protection, analogues à celles que, dans des circonstances critiques, il avait arrachées à la faiblesse ou à T^nbarras de ses prédécesseurs. £n un mot, il témoigne, qu'à la veille de 1789, ses prétentions égoïstes sont toujoui^ les mêmes qu'autrefois.
Mais, dira-t-on, comment le clergé conciliait-il de telles doctrines avec le rétablissement des Etats généraux ? C'est qu'il se les figurait divisés comme jadis en trois chambres , votant séparément, avec droit de vélo pour chacune d'elles contre les décisions des deux autres. Dans ce système, le clergé ne trouvait pas seulement une sauvegarde contre le pouvoir absolu, mais une garantie pour lui-même contre toute espèce de réclamation. Là est la cause de l'erreur qu'il a commise, et dont il n'a pas tardé à se repentir amèrement.
Profondément irrité de la démarche de ses anciens collègues, démarche qu'il regardait comme une véritable trahison, Brieime résolut de tenter un dernier efifort, pour les ramener à une entente plus saine de la situa-