RÈGLEMENTS PARTICULIERS 5S
l'orgueil patriotique du pays tout entier. Mais, après ce qui venait de se passer en Bretagne, était-il raisonnablement permis de conserver aux Etats une prérogative abusive, dont Texercice, en de pareilles circonstances, aurait provoqué d'inévitables tempêtes? Comme le disait très bien le règlement du 16 mars * : « Les divisions, les ressentiments, qui subsistent dans cette province, les mêmes qui ont obligé Sa Majesté à séparer les Etats, ne permettent pas de les rassembler; et quand cette réunion serait praticable, une grande partie des habitants de la Bretagne aurait à se plaindre, si, dans un moment où Sa Majesté appelle tous ses sujets à concourir à Télection des députés aux Etats généraux, elle resserrait en Bretagne ce droit, pour le clergé, aux seuls évoques, abbés commendataires et députés de chapitres, qui composent, au nombre de trente, Tordre entier de l'église; et pour le tiers état aux députés des municipalités de quarante-deux villes. Le roi eût pu néanmoins, dans sa sagesse, et selon son premier dessein, détourner son attention de ces inégalités, si les trois ordres des citoyens de Bretagne y avaient donné leur consentement, en n'élevant aucune réclamation contre une forme de représentation établie sur de pareilles bases; mais les habitants des villes, les communes de Bretagne en général, le clergé du second ordre invoquent en cette circonstance les principes d'équité manifestés dans le règlement de Sa Majesté du 24 janvier. * Comment résister à de si justes prières, sous prétexte d'un respect superstitieux envers un passé, que condamnaient également la raison, la justice, les idées et les mœurs de l'époque?
Toujours fidèle à son système de contenter tous les partis, Necker commença par autoriser le tiers état à se