Droz, HUt, du règne de Louis XVJ, t. II, p. 118, en note
2. Avis de Mirabeau au peuple marseillais (il est daté d'Aix, le 25 mars). Voir les Œuvres complètes, publiées par Méjean, l, I, p. 43 cl suiv.
seillais sont de bien braves gens. Le roi le saura, ce bon roi qu'il ne faut pas affliger, ce bon roi que nous invoquons sans cesse; et il vous en aimera, il vous en estimera davantage. Gomment pourrons-nous résister au plaisir que nous allons lui faire, quand il est pleinement d'accord avec nos plus pressants intérêts? > Chose extraordinaire, ce langage , qui certes n'était pas celui d'un factieux, fut compris de la foule, et respecté par elle. Les officiers municipaux purent reprendre sans crainte l'ancienne taxe du pain, la taxe régulière, et personne ne bougea dans la ville.
Cet orage dissipé, Mirabeau reçut une dépêche du gouverneur qui le rappelait en toute hâte à Aix, où des événements encore plus graves venaient de se produire tout à coup : « Le premier consul de la ville, après avoir fait tirer sur la multitude soulevée, avait été contraint de prendre la fuite. Les municipaux éperdus avaient livré les clefs des greniers de réserve, qui étaient aussitôt devenus la proie du pillage. Mirabeau courut à Aix, en fit sortir les troupes, remit la police à la garde bourgeoise, et rétablit le calme '. » Après des services aussi éclatants, sa candidature ne pouvait plus rencontrer aucun obstacle. Aucun membre du tiers état ne songeait à lui faire concurrence. Les privilégiés euxmêmes commençaient à subir son ascendant, et Tautorité royale, dans la personne du gouverneur, semblait avoir abdiqué devant lui. Comme disent les contemporains *, il était devenu non seulement l'idole, mais l'arbitre de la Provence.
Laissons donc, pour ce qu'elles valent, les vaines récriminations du parti vaincu, et tenons pour certain que jamais élection ne fut l'expression plus vraie, plus