Mémoires^ p
États généraux; nous n'avons qu'à consulter, en tète du Procès-verbal des séances de l'assemblée nationale de France *, le récit des députés des communes, qui sert d'introduction à ce procès-verbal. Nous y trouverons^ avec Tordre du roi, qui remet au lundi 4 mai 1789, la séance d'inauguration, précédemment indiquée pour le 21 avril, Tindication du costume imposé aux diflTérents ordres, d'après une note distribuée par les soins de M. de Dreux-Brézé, grand maître des cérémonies. Vient ensuite la proclamation, suivie d'affiches^ en date du l*'mai, annonçant que, le lendemain 2, le roi recevra les doutés déjà présents à Versailles, mais que, « le grand nombre de ces députés ne lui permettant pas de les recevoir tous au même instant, » ils seraient reçus par ordres, aux heures et dans la forme indiquées par les dites affiches. Le motif allégué, pour justifier cette disposition inusitée, ne pouvait tromper personne. Jadis, en pareille occurrence, la présentation des députés au roi se faisait par bailliage ou par province, et com* prenait successivement tous les députés de chaque circonscription, réunis et confondus sans distinction d'ordres. Pourquoi renoncer à cet ancien usage, alors qu'on se prétendait si scrupuleux observateur des traditions passées? Là encore, tout le monde vit percer la volonté persistante de maintenir et d'accentuer, jusque dans les m(Hndres détails, une distinction devenue odieuse à l'immense majorité du pays.
Enfin, écoutons, à ce propos, la voix de Mirabeau, préludant par son journal ' aux fameuses harangues, dont il allait Wentôt faire retentir la France. « Nous ne parlerons pas, dit-il, de la distinction des communes, généralement désapprouvée et trop importante dans ses
i. Voyez entre autres l'édition officielle, in-4% catalogue de la Bibl. naU, Le*?, n* 12.