II
celui de M. Bertrand de MoUeville, dernier intendant de Bretagne, depuis ministre de la maison de Louis XVI. » De cette note, il résulte uniquement, qu'un écrivain obscur, du nom de Mangourit, a publié trois pamphlets contre les parlementaires en général et ceux de Bretagne en particulier; que le gouvernement, réduit à faire flèche de tous bois, en a facilité la distribution; que le môme auteur a aussi, vers la même époque, publié un journal, qu'il donne comme le précurseur de tous ceux qui suivirent; que cet écrit périodique a été protégé ou simplement toléré par le ministère ; et qu'enfin on y trouve les principes d'égalité déjà soutenus avec autant d'insistance que ceux de liberté. Là se réduisent les preuves de ce vaste soulèvement qu'on prétend avoir été organisé, contre les ordres supérieurs, par les soins de Brienne et Lamoignion. J'y vois tout au plus Findice des velléités, qui traversèrent le cerveau de ces ministres et qu'ils n'eurent ni le temps, ni la force de convertir en plan politique, susceptible de produire des résultats sérieux.
Au demeurant, le caractère de Brienne était tellement mobile, tellement faible, qu'il le rendait incapable de donner une suite efficace à une combinaison quelconque. On Ta représenté comme n'étant « ni assez éclairé pour être philosophe, ni assez ferme pour être despote*. » Le fait est qu'il flottait sans cesse entre les systèmes les plus opposés. Dans un instant de dépit, il avait songé à changer de politique, plutôt pour satisfaire sa vengeance qu'en vue des avantages qu'un pareil plan pouvait assurer à la monarchie. Il n'y arrêta son esprit que juste assez pour y trouver matière à de vaines démonstrations contre les ordres supérieurs, dont elles augmentèrent le mécontement, sans les ramener par la crainte à