UAncien Régime, p
chaque province serait un jour admise à prendre une part directe au gouvernement de ses propres intérêts. En attendant ce jour, encore lointain, au lieu des assemblées provinciales, que Ton s'était contenté de promettre, on n'avait établi que des commissions provinciales, dont le premier acte fut de proclamer qu'elles ne se croyaient pas le droit de représenter les populations, ni d'exprimer officiellement leurs vœux. C'est ainsi qu'en 1789, les intendants étaient tombés en discrédit, et les assemblées provinciales, n'existant qu'en projet, ne pouvaient ni les suppléer, ni môme les aider ou les soutenir. En matière d'organisation municipale, on avait bien commencé d'appliquer les édits de 4787, seuiement-on s'était arrêté à moitié du chemin. Si Ton avait doté les villages de municipalités électives, on avait laissé les villes et bourgs sous l'empire des édits de Louis XIV vieilli. Là, les officiers municipaux, possesseurs de charges vénales, vivaient le plus souvent en état d'hostilité flagrante avec les habitants. En tous cas, l'immense majorité de ces officiers n'exerçait pas la moindre influence sur des populations qui n'avaient pas été appelées à les choisir ou qui les avaient subis à regret. Aux approches de la révolution, ils se firent justice à eux-mêmes. Se sentant irrévocablement condamnés, ils renoncèrent spontanément de remplir leurs fonctions. En face de l'émeute, ils s'empressèrent de disparaître, bien sûrs que leur intervention serait souvent dangereuse et jamais efficace.
Sans doute, il était bien tard pour conjurer un mal si profond. Cependant un gouvernement actif et énergique aurait peut-être trouvé moyen d'y apporter quelque remède. Etait-il donc impossible de remplacer à la hâte les commissions provinciales, qui ne pouvaient rendre aucun service, par des assemblées électives.