‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 318 sur 331 · PRÉCAUTIONS CONTRE L'ÉMEUTE A PARIS · texte numérisé non relu

PRÉCAUTIONS CONTRE L'ÉMEUTE A PARIS

il offrait aux ouvriers sans ouvrage une aumône déguisée sous forme de salaire. « On leur faisait remuer sans utilité, comme sans objet, la terre de la montagne de Montmartre; et le gouvernement les payait à la journée '. » Ce premier spécimen des ateliers nationaux produisit le même effet que ceux que nous devions revoir, en 1848. S'ils appelaient à Paris quelques ouvriers de bonne volonté, chassés par la misère des pays environnants, ils y attiraient surtout une foule de vagabonds, de mendiants, de gens sans aveu, prêts à tous les désordres, capables de toutes les violences. Réunis € à la proximité des barrières qu'ils devaient bientôt incendier *, » ils y constituaient une agglomération menaçante pour la tranquillité de la capitale. Désormais rémeute trouvait là, sous sa main, le noyau de l'armée, que le peuple de Paris n'osait pas encore lui fournir.

Elle ne tarda pas à faire de nouvelles recrues et à compléter son effectif. Cette fois, ce n'était plus une foule de désœuvrés ou de vagabonds, accourus de la banlieue, à la première nouvelle de l'ouverture des ateliers de charité. C'étaient des hommes venus, l'on ne sait d'où, « étrangers de tous les pays, la plupart déguenillés, armés de gros bâtons, et dont l'aspect effrayant suffisait pour faire juger de ce que l'on devait en craindre *. » Tous les écrivains de l'époque sont d'accord pour signaler cette redoutable apparition dans les premiers mois de 1789. D'après Sallier, ils répondaient à l'appel des chefs du parti révolutionnaire, qui voulaient, c par l'emploi de la terreur, disposer les esprits à une soumission absolue * ». Il faudrait donc

par le roi pour procurer du travail et des secours, pendant l'hiver 1788-1789. Loh anciennes, t. 28, p. 632.

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